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18 décembre 2013

Y.


Le monde change. Et avec le monde, ses habitants.

Je dis peut-être ça par ce que je suis jeune et con et que je ne connais rien à la vie, mais je crois qu'elle devient plus difficile. Pas plus dure (au contraire), plus difficile.

Si on en croit wikidédia, "Cette génération est parfois surnommée Génération Peter Pan, qui, en l'absence de rites de passage à l'âge adulte, ne construisent pas d'identité ou de culture d'adulte spécifique. [...] Un questionnement plus poussé au sujet de ce que signifie “être adulte” a également eu un impact sur cette transition plus tardive vers l'âge adulte. [...] Dans les générations précédentes, on commençait la vie en se mariant et démarrant une carrière de façon immédiate. Les jeunes d'aujourd'hui ont vu que cette approche a mené au divorce et au fait que de nombreuses personnes ne soient pas satisfaites de leur carrière… La majorité d'entre eux veut se marier […] mais veut le faire bien du premier coup. On peut en dire autant de la carrière professionnelle."

Nous apprenons. Nous apprenons des erreurs de nos parents, nous apprenons le monde et la société qu'ils nous laissent, mais surtout, nous apprenons la liberté. Si nous nous permettons de jeter un regard sur le passé, et questionner son héritage, c'est bien une conséquence de cette horizontalisation du monde. Nous n'écoutons plus ce qu'on nous dit de faire. Il ne suffit plus d'une reportage télé pour décréter que ceci est utile et bon et que cela ne l'est pas. Génération Y, génération Why. Être libre est quelque chose de difficile en soi. Être libre, c'est être capable d'assumer, de décider, de se responsabiliser. Être libre c'est décider de ses propres valeurs, plus simplement se reposer sur celles de la TV - ou de toute autre entité verticale, comme Dieu.

Et avant la télé, c'était autre chose ! La radio, la presse, l'église, le gouvernement, etc. Ce n'est pas seulement la TV qui a disparu. Nietzsche a bien raison : Dieu est mort. Chacun d'entre nous doit décider de ses valeurs, trier ce qu'on pense juste et ce qu'on ne veut pas, son "bien" et son "mal", personne ne le feras plus pour nous. Et il n'est plus possible de faire l'autruche.

Tout le monde n'est pas prêt à ça. Je dirais même que majoritairement, personne ne l'est. C'est pour cette raisons que, toujours, la verticalité tente de revenir. Il suffit de voir ce qu'est devenu le capitaliste. Chacun est libre, chacun fait ce qu'il veut. Et maintenant, les lobbys, les leaders, les monopoles... Et il en va de même pour internet, qui tend encore et encore à se centraliser autour de petits noyaux qui ont su sauter sur les opportunités.

Quand on observe l'histoire, cela semble se reproduire infiniment. La liberté apparaît, et il y a toujours quelqu'un pour vouloir la retirer à la masse, et surtout, la masse est toujours prête à se la laisser enlever de son plein gré.

Le monde. Libre et sauvage.
Les routes, les états, les frontières.

La mer. Immense et libre.
Les eaux territoriales, les lois internationales, les routes de commerce.

Le marché financier. Un monde d'opportunités.
Le lobbyisme financier, les multinationales, les monopoles.

Le mécanisme est même plus impressionnant parfois : Un système vertical s'horizontalise, pour le bonheur de tous ? Mais non, il se reverticalise dans la foulée.

La radio.
La BBC a l'exclusivité des ondes radio au Royaume-Uni ? Nous ne sommes pas d'accord ! L'exclusivité tombe, tout le monde est content. Aujourd'hui plus aucune radio indépendante, ou presque, et retour à un système vertical. Plus par la force, mais de fait.

Les exemples sont légions, mais n'en abusons pas.

Je me demande si l'humanité va un jour réussir à mûrir suffisamment pour accepter l'état d'horizontalité sans en avoir peur. J'ai déjà parlé de cette problématique en citant cet extrait de La peur de la Liberté. Je crois que nous sommes, plus que jamais, à un point où toute notre société est confronté à ce problème. Pas juste une élite intellectuelle, financière ou légale, mais tout le monde, réellement. Certes tout le monde n'a pas accès avec la même facilité pour des tas des raisons à Internet, aux télécom, etc., mais notre société y est aujourd'hui confronté dans sa plus claire majorité.

Je crois que la principale difficulté de notre génération, ce n'est pas tant de vivre cette liberté, ou de l'accepter. C'est aussi de s'en rendre compte et d'y accéder. Le fait d'être la "première" génération à vivre entièrement avec ça a pour principale conséquence qu'aucun parent ne sait réellement être là et comprendre ce que l'on vit aujourd'hui. Combien de fois ai-je entendu mes amis se plaindre de leurs parents qui ne les comprenaient pas ? Par ce qu'ils ne comprenaient pas cette soif de liberté, cette soif de vivre pleinement cette horizontalité et tenter sa chance sans suivre les règles qu'eux, enfants, ont appris de leur verticalité ? Beaucoup trop, c'est certain. Je pleure pour chaque homme qui fait ce qu'on lui a dit par ce que la vie ne lui a pas laissé savoir qu'il n'était pas obligé de ne pas faire autrement.

Et d'un autre coté j'en observe de mon age qui aujourd'hui ont renoncé, renoncé à cette opportunité, pour la même raison que toujours dans l'histoire. Le confort, la peur. L'autruche. Certes, obtenir confort et sécurité est un plus indéniable, mais quand l'homme en arrive à se protéger de l'homme lui-même, nous ne nous rendons pas compte que nous assassinons précisément notre propre liberté. Pourquoi choir d'être libre quand on peut suivre la masse ? C'est ainsi que la verticalité fait son retour, doucement mais surement.

(qu'on ne se méprenne pas, je dis pas qu'il est mal de faire quelque chose comme tout le monde. Je dis juste qu'il est à mes yeux mauvais de le faire juste par facilité, par ce que tout le monde le fait. J'ai un blog et facebook, "comme tout le monde", mais c'est bien par choix, pas par conformisme... Ne pas être conformiste ne veut pas dire fuir ce que les autres font, ça veut juste dire qu'on ne pas en tenir compte ^^)

Le cap dont parle Erich Fromm est sans aucun doute extrêmement difficile à franchir, mais nous n'en avons jamais été aussi proches. J'espère sincèrement que ceux qui l'ont compris réussissent à le transmettre aux autres, et surtout à la génération suivante, avant qu'il soient trop tard et qu'ils deviennent, à leur tour, des marginaux à ignorer. Sans quoi il faudra trouver un nouveau moyen de faire pencher la balance...

01 avril 2013

Gandhi 1, Nihilisme 0

« Tout ce que tu feras sera dérisoire, mais il est essentiel que tu le fasses. » Gandhi

31 mars 2013

Le bonheur.

« L’homme pensant, lorsqu'il a triomphé de l’incitation au vice et qu'il est conscient d’avoir accompli son devoir souvent amer, se trouve dans un état de paix intérieure et de contentement que l’on peut très bien appeler bonheur, où la vertu est à elle-même sa propre gratification. ….Cependant il est clair que, puisqu'il ne peut se promettre cette gratification de la vertu que de la conscience d’avoir fait son devoir, celle qu'on nomme en dernier doit pourtant venir en premier ; c’est-à-dire qu'il doit se trouver obligé de faire son devoir avant même et sans même qu'il pense que le bonheur sera la conséquence de l’observation du devoir. » Kant.

Définitivement.

29 mars 2013

Le Nihilisme.

Le nihilisme (du latin nihil, « rien ») est un point de vue philosophique d'après lequel le monde (et plus particulièrement l'existence humaine) est dénué de tout sens, de tout but, de toute vérité compréhensible ou encore de toutes valeurs. Cette notion est applicable à différents contextes : histoire, politique, littérature et philosophie.


I. Le Nihilisme Européen

A. La religion


En Europe, la philosophie et la culture ont depuis très longtemps subi les influences de la religion chrétienne. En découlent des notions comme le bien et le mal, le paradis et l'enfer, dieu, etc. Ces notions s’accompagnent de valeurs. C'est ainsi qu'on en vient à porter des jugements qu'on aimerait objectifs sur des choses. C'est bien de faire ça, c'est mal de faire ça. C'est juste. C'est injuste. Cette philosophie, issue principalement d'Aristote et Descartes, a été la seule présente dans le monde occidentale. On l'opposait souvent à la philosophie orientale -j'y reviendrais dans la suite.

Note pour les pointilleux, je fais volontairement le choix de caricaturer la scission entre deux philosophies distinctes, orient et occident, mais en réalité les choses ne sont évidement pas si manichéennes. Pour détailler, je parle ici en réalité de la philosophie européenne, qui découle de la philosophie occidentale (qui existe encore comme telle, la transition est en cours), et de la philosophie bouddhiste, qui a de fortes influences sur l'orient d'une manière générale. Notons pour être encore plus précis que mon propos sur la religion chrétienne en Europe vaut aussi dans le reste de l'occident, et s'applique aux autres religion basées sur une dualité entre le bien et le mal (d'une manière générale, toutes les religions occidentales, comme l'islam, la religion juive, la religion chrétienne, etc.).

Cette philosophie, est basée sur les "vérités" admises à l'époque de Descartes, principalement. Les lois de la physique "classique", l’existence de dieu, et la dualité entre le corps et l'esprit. Seulement, avec le temps et les avancés philosophiques et scientifiques, ces notions ont évoluées. On admet aujourd'hui communément le déterminisme universel - qui exclut l'idée que "dieu" soit toujours présent, si tant-est qu'il ait été là -, on ne parle aujourd'hui plus, avec l'avancée des sciences cognitives, d'une dualité corps et esprit - divin et humain -, et on remet en cause les lois fondamentales de la physique, avec la dualité entre la mécanique quantique et l’astrophysique, qu'on tente d'unifier grâce à la théorie du tout.

Tout ces changements entraînent des changement d'ordre philosophique et sociaux. Si tout est déterminé, si dieu et les notions de bien et de mal qui l'accompagnent n'existent plus, si nous ne sommes rien à l’échelle de l'univers, qui n'en a juste rien à foutre de notre existence, si nous ne sommes que de passage dans cette vie, alors... que sommes-nous ? Que faisons-nous ? Quel est le sens de la vie ?

La religion, on le dit souvent, sert à répondre aux questions auquel l'homme n'a pas encore su trouvé de réponses. Si la science a su "réfuter" la religion (avec de très gros guillemets...), elle n'a pas apporté de réponses à ces questions d'ordre philosophique.

B. Naissance du Nihilisme


Le nihilisme existe depuis Gorgias, un philosophe contemporain de Socrate. Autant dire qu'il existe depuis toujours, à l’échelle de la philosophie. Mais ce qui nous intéresse ici, c'est l'Europe. En Europe, comme le dit Nietzsche, "Dieu est mort". La religion ne fait plus loi, comme on l'a vu plus haut, et les questions existentielles auxquelles elle répondait sont à nouveau sans réponses. La grande question qui vient s'imposer, c'est celle du sens de la vie.

"Si il n'y a pas de sens préétabli à notre vie, c'est à nous d'en choisir un."

Voilà globalement ce qu'on pourrait répondre. Seulement, une question simple vient répondre à cette affirmation.

"À quoi bon ?"

Oui, à quoi bon choisir un sens à sa vie ? À quoi bon se fixer des idéaux, des objectifs, défendre des idées ? Il y a deux raisons à cet "à quoi bon".

La première est simple : "Pourquoi vouloir autre chose, alors qu'on peut se satisfaire de ce qu'on a déjà ?"
Il est assez difficile d'aller contre cet argument. En effet, quoi qu'on y réponde, invariablement le nihiliste pourra répondre quelque chose comme "qu'est-ce qui te permet d'affirmer que ce que tu pense être mieux l'est ?". On pourrait parler de sauver des milliers de vies humaines, qu'importe. Qu'est-ce que ça change, à l'échelle de l'univers ? Et puis, est-ce réellement mieux de les sauver que de les laisser mourir ? Mieux pour qui ? Pour quoi ?

La seconde n'est pas plus compliquée, et je l'ai déjà évoquée : "Qu'est-ce qui nous donnerais la légitimité d'affirmer que c'est ce qu'il y a autour de nous qui doit changer pour nous ?"
En effet, la religion donnait une légitimité aux actes "bons". On agissait pour dieu, pour le bien commun, ou pour aller au paradis, mais dans tout les cas, on agissait avec légitimité. Sans la religion, tout acte proféré est nécessairement un acte "égoïste", puisqu'on ne dispose d'aucune légitimité "divine". Hors, rien ne nous donne le droit d'être égoïste. On pourrait y répliquer que si rien ne compte et rien n'est légitime, on a pas plus de raison de choisir de ne pas être égoïste que de choisir de l'être. À ça, le nihiliste nous répondra "Pourquoi vouloir autre chose, alors qu'on peut se satisfaire de ce qu'on a déjà ?".

On observe ici quelque chose d'assez intéressant : la première compte sur la deuxième, et vice-versa. L'une répond à l'autre. Voilà le nihilisme. Rien n'existe, rien ne compte, rien n'a de sens, rien n'est légitime, et vouloir y donner un sens serait vain. Il n'y a pas de sens à vouloir donner un sens.

C. Bonheur et Nihilisme


On arrive ici a une question particulièrement problématique. Qu'est-ce que le bonheur de l'individu ?

Prenons un individu non-nihiliste, qui a un but précis dans sa vie, et qui le considère comme LE but. Il œuvre quotidiennement pour l’accomplissement de son but, et en ça il est heureux. Par ce qu'il est droit, honnête, et qu'il fait ce qu'il croit bon. Qu'il est détaché de ses contraintes, de ses pulsions, de ses instincts, de la quête du plaisir et la crainte du déplaisir, qu'il est libre. Comme disait Bottero, nul homme n'est plus libre que celui qui fait ce qu'il croit juste. En ça, malgré toute la souffrance que pourrait endurer cet homme, il serait heureux, heureux de faire tout ce qui est en son pouvoir pour accomplir ce en quoi il croit, au plus profond de son être. C'est ça le bonheur. Le bonheur non-nihiliste, en tout cas.

Tout homme n'est pas aussi pur et droit que cet individu. Tout le monde n'est pas aussi libre. Beaucoup se laissent aller aux plaisirs futiles dénués de sens, ou s’apitoient sur leurs déplaisirs. Cela ne sont pas heureux. Moins, en tout cas.

Constatation alarmante. Comment le nihiliste peut-il être heureux. Il ne croit pas que quoi que ce soit soit juste, il ne croit même rien. Il n'a pas de but, pas de passion, rien. Nihil. Alors le nihiliste se contente de rechercher le bonheur dans le plaisir. Et comme il n'est pas légitime de chercher à changer les choses pour obtenir du plaisir, il préfère se changer lui même pour ne plus subir de déplaisir (et donc de plaisir non plus) de l’environnement. C'est le stoïcisme. Le but ultime du stoïque, et du nihiliste pur, c'est l'ataraxie. L'attente du bonheur par l'absence de passions (plaisir et déplaisir). La neutralité absolue. C'est le bonheur nihiliste. J'y reviendrais avec le nirvana quand je parlerais de l'orient.

II. Le Bouddhisme et la philosophie orientale

A. Bouddhisme et Nihilisme


Le bouddhisme est pour de nombreuses raisons souvent confondu avec le nihilisme. La cause principale de ceci, c'est notre manière instinctive de penser en terme de dualité (résidu de la philosophie occidentale cartésienne, pour ceux qui suivent pas). Le Bouddhisme, contrairement au nihilisme, ne propose pas l'idée de néant, comme le nihilisme, ni de réalité, comme la philosophie cartésienne, mais bien quelque chose.. entre les deux.

Toujours selon le bouddhisme (corrigez moi si je me trompe, mes connaissance sur le sujet sont encore faibles), le "but" n'est pas, comme dans le nihilisme, d'attendre l'ataraxie, mais d'attendre le nirvana. Le nirvana est défini comme un état où on ne peut plus parler de choses, mais ou chaque chose est en réalité composée. Chaque composé est lui même composé, en en percevant cette "réalité absolue" de la nature des choses, on se rend compte que chaque chose n'est composée que de rien. Comme une droite est une infinité de point de taille nulle. Percevoir cet état des choses permet une compréhension absolue de la réalité et du néant comme une seule et même chose. En prenant conscience de cela, l'individu se libère de toute souffrance physique, puisqu'il est lui même composé de néant.

On notera malgré tout de fortes ressemblances avec le nihilisme, bien que les raisons et les conséquences n'en soient pas tout à fait les mêmes. Ces deux visions de la réalités proposent des alternatives au bonheur comme présenté en premier lieu.

B. Remise en question du bouddhisme


Le bouddhisme, tout comme la philosophie cartésienne, se voit aujourd'hui remis en cause dans ses fondements par l'avancée de la science et de la philosophie. En effet, la science semble se diriger vers une constatation qui remettais en cause le néant bouddhiste : l'infinie grandeur et l'infiniment petit n'existent pas, il y a une unité de taille "minimale", en dessous de laquelle la variation n'existe pas. Tout comme il y a une unité de temps "minimale", en dessous de laquelle la variation n'existe pas. Ces concepts réfute l'idée que tout est la somme d'une infinité de rien. Nous voilà donc de retour à la case départ. La philosophie bouddhiste, qui semblait pouvoir apporter les réponses que nous cherchions, n'est finalement pas plus en mesure de nous en apporter que la philosophie cartésienne.

III. And now ?


Et bien, il semblerait aujourd'hui que le nihilisme soit une fatalité, tant qu'une philosophie ne saura venir apporter les réponses aux questions qui aujourd'hui s'imposent, étant donné que plus rien ne semble y apporter de réponses légitime. Le nihilisme s'impose alors comme une réaction logique. Puisque personne n'est là pour légitimer pour ce que l'on pense, que ce soit un dieu, un guide, ou même un chef, on ne sait plus ce qu'on a "le droit" de penser, le "droit" de vouloir. En ça l'homme est un animal social. Le groupe est une forme de légitimation, il nous dit ce qui est bien ou mal. Mais qu'en est-il de l'homme seul, l'individu ? C'est ici que l'on entre dans le débat. Que reste-il comme réponses ? Quels sont les buts légitimes ? Que peut-on affirmer sans se tromper, en terme de philosophie ?

Des philosophes ont commencé à se poser ces questions, et des premières réponses arrivent. On parle aujourd'hui notamment de la sémantique générale, qui se présente comme une nouvelle philosophie venant répondre aux questions laissées sans réponses.

Je formulerais comme premier avis qu'il reste au moins quelque chose de légitime. Essayer de trouver des réponses à ces questions.

Le Nihilisme Européen.

Il semble que le nihilisme exclue le bonheur.

C'est un sujet à approfondir. Pourquoi chercher le bonheur quand on peut avoir le plaisir ? Pourquoi donner un but à sa vie si on peut se satisfaire de ce que l'on a ? Pourquoi essayer d'exister si on sait que l'on est rien ?

Mais en même temps, n'est-ce pas la nature de l'homme que d'avancer vers un but ? N'est-ce pas la nature de l'homme de poursuivre un idéal, et de trouver le bonheur dans l'accomplissement de celui-ci ?

1) Structurer sa pensée.
2) Se documenter.
3) Poster un sujet de débat sur le fo'.
4) ...
5) Profit.

14 avril 2012

Petite impro à la lumière de mon amie la Lune.

Tout ceci n'a aucun sens, n'est ce pas ?

Je veux dire... ma vie ? La sienne ? Toutes les autres ? Ça ne sert à rien, pas vrai ?

T'as raison, gamin. Enfin, gamin. Je pense que je devrais arrêter de t’appeler comme ça, tu m'as prouvé bien assez de fois que tu valais bien plus que certains "adultes"... Oui, t'as raison. Tout ça ne mène à rien. S'il y avais un but... une fin à tout ça... Il n'y en a pas, c'est tout. Je l'ai cherché. Trop cherché. Et la réponse était là, sous mes yeux. J'ai été bête, très bête. La réponse, c'est qu'on a rien à faire ici, a part s’amuser, vivre, exister comme bon nous semble, et il n'y a rien qui peut nous dicter notre vie. Pas de but, pas de destiné, pas de règles... Tout ce qui compte c'est simplement que tu sois là, le reste est un immense mensonge que l'homme a inventé pour se faire croire à lui même qu'il a une raison d'être ici. Mais c'est aussi faux que si je te disais que tu n'étais pas insupportable. Pourquoi tu n'est pas juste un gamin comme les autres, qui croit au père noël, qui va à l'école, qui croit aux mensonges de hommes, et surtout, qui ne pose pas autant de questions ?

Alors j'ai raison ? Mais pourquoi dans ce cas ? Pourquoi ?

... Tu es insupportable.
...
Bon, d'accord, excuse moi. Après tout, tu a envie de comprendre, ça parait normal. Et si je te dis que j'en sais rien, hein ? Qu'est-ce qui te dis que je le sais ?

Je te crois pas.

Et merde. Je sais très bien que tu me crois pas... Mais je sais pas comment te l'expliquer. Je sais pas. Tu a fini par y arriver, c'est ça que tu voulais ? ... Je ne peux plus te répondre, je... Je perds mes mots, je ne peux pas.
Et ça m’énerve...
Bravo. Ça faisait des décennies que ça ne m'étais pas arrivé. Je pensait avoir dépassé ça... après tout ce temps, être au dessus de chaque homme sur cette terre, avoir fini par comprendre, chaque chose, arrivé à un point ou... ou je... Rah, ça y est, je recommence à perdre mes mots. Je te déteste.

Non, tu mens. Pourquoi tu mens ?

ARRÊTE ! Arrête, s'il te plaît ! Tu... Je... Je sais parfaitement ce que tu vas dire, c'est moi qui te l'ai appris, mais... A force d'avancer, j'ai fini par perdre la direction dans la quelle je voulais aller... Je connais par coeur ces mots, ces valeurs, tout ce qui fait que j'en suis arrivé là, mais j'ai... J'ai fini par atteindre la limite. Je croyais avoir trouvé des valeurs immuables, des valeurs qui me pousseraient toujours, toujours vers le haut, sans jamais faillir, toujours en avant. Douter de tout ce que je croyais savoir afin de le prouver par moi même, ne rien supposer, tout vérifier, baser chaque pierre de ma vie sur du concret, ne rien laisser au hasard... Ne rien non plus considérer comme acquis. Toujours être prêt à faire une croix sur celui que j'étais pour devenir meilleur. Toujours prendre ce qu'il y a de mieux, et l'utiliser pour remplacer ce qui était imparfait.
Et j'ai fait une erreur, grossière.
Einstein disait "Tout est relatif, même la relativité". J'ai oublié la deuxième partie de l'adage. Le doute est une force. Et j'ai oublié de douter de cette force. Maintenant, je sais que je me suis trompé de voie. Ne fais pas cette erreur, gamin.
Je dois... Je vais changer ça. Je vais le faire.

Tu es sur ?

Non. Des mots. Comme toujours, des mots. J'ai toujours su ce que je devais faire, mais je suis souvent passé à coté. La flemme, sans doute. Finalement, j'ai peut-être fini par "prendre la grosse tête" ? Non. Pas moi. C'est pas vraiment ça. Quand je m'écoute, je sais ce qu'il en est. J'ai juste... Perdu la motivation ? Je sais que rien n'est dû, tout ce que j'ai fait je l'ai fait pour moi, et uniquement pour moi.
Mais qu'est-ce qui me dit que j'ai envie de continuer ?
Je ne sais plus si j'ai envie. Pourquoi j'aurais envie ?

Tu continues à douter, finalement. C'était ce que tu voulais, non ?

Evidemment. Mais je ne pensais pas avoir à douter de ça un jour. Tu me pousse au bout, tu sais ? Aujourd'hui, c'est toi ma motivation, toi et ma volonté de ne pas être faible devant toi. Seul, je n'avance plus.
J'ai déjà entendu ça.
Happiness only real when shared
...

Moi aussi. Je me rappelle.

...
Je n'ai plus rien à dire.

Je sais. Mais parle quand même, j'aime ta voix

Je t'ai déjà dit beaucoup. Rappelle toi seulement que la pire chose qui puisse t'arriver, c'est un avenir, tracé droit, sans aventure, sans... sans vie. Ce qui fait la vie, c'est le changement, la nouveauté. Assure toi chaque instant que devant toi, il n'y a pas un avenir conditionné par le mensonge des hommes. Assure toi d'avoir toujours devant toi un avenir changeant sans cesse. Et assure toi d'avoir toujours quelqu'un comme toi à tes cotés. C'est en t'apprenant ce que j'avais appris que j'en ai appris le plus. J'ai appris que j'avais oublié que ce qui m'a poussé à m'élever parmi la masse des hommes et à devenir ce que je suis, c'est justement cette masse. Oublié que chaque jour qui passe, ce qui me fait avancer c'est d'avoir quelqu'un à mes cotés, avec qui je pouvais partager tout ce que je savais. Je ne peux pas avancer seul, toi non plus - personne !
Je... Tu m'embrouilles. Je ne sais plus ou j'en suis à cause de toi. Il faut que je réfléchisse. La lune est là. Je veux lui parler. Va dormir, maintenant, il est tard.

S'il te plait !

Non. Non, pas ce soir. Tu as réussi à atteindre mes limites, et j'ai besoin de temps pour définir cette nouvelle frontière. Et la franchir.
Allez, va dormir. De toute façon, je ne parle plus. Pas à toi. A la lune.
Dors.

Dors.
Et merci. Merci de m'avoir remis sur la Voie.
Dors, bonhomme.